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Pas de problème, pas de solution

Kevin Chassangre
Par Kevin Chassangre (Psychologue – psychothérapeute – Docteur en psychopathologies)
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Résumé
Découvrez le second épisode de notre série d’articles consacrée au changement. (Episode 2 sur 6)
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Pas de problème, pas de solution
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Épisode 2 : Pas de problème, pas de solution.

Objectifs :

  • Questionner les mythes du changement
  • Initier un changement

Pourquoi la pré-contemplation ?

Votre comportement-problème cible n’est pas un problème ? Vous ne percevez pas de solution à un éventuel changement ? Vous êtes à l’étape 1, celle dite de pré-contemplation.

Ce stade est radical pour ne pas changer. Posez-vous toutefois les questions suivantes :

  • Quels retours extérieurs ai-je de ce comportement-problème cible (positifs, négatifs) ?
  • À quelle fréquence ai-je ces retours ?
  • Que fais-je de ces retours : est-ce que je les considère, est-ce que je les balaye et pourquoi ?
  • Finalement, ce comportement-problème cible mériterait-il d’être changé ?

Il y a différentes raisons pour lesquelles vous pouvez vous retrouver piégé.e à ce stade. Êtes-vous :

  • réticent.e à changer (généralement par honte du comportement actuel) ?
  • rebel.le (en détestant qu’on vous dicte votre conduite) ?
  • résigné.e (en considérant que vous avez déjà tout tenté ?) ?
  • rationnalisant.e (en fournissant des justifications, internes ou externes) ?

 

Quelle part de responsabilité ?

En psychologie, nous considérons la survenue d’une problématique à partir d’un modèle à trois facteurs, que nous appelons modèle bio-psycho-social. La part biologique englobe notre panel génétique, l’hérédité, notre système hormonal, etc. La part psychologique renvoie à notre caractère, notre personnalité, notre système de croyances et de valeurs. La part sociale équivaut à notre environnement de développement (passé) et à l’environnement dans lequel nous évoluons encore (présent).

Expliquer la survenue d’une problématique à partir d’un seul facteur est une erreur fondamentale, et néglige les autres aspects d’un modèle prouvé scientifiquement.

Cela signifie donc que votre comportement-problème, qu’il pourrait être intéressant à changer ou faire évoluer, à une part biologique, sociale mais aussi psychologique.

Ne négligez aucun de ces facteurs.

 

Quels mythes du changement adoptez-vous ?

Nous pouvons tous être guidés par certains mythes (mythes, oui, car ils ne se fondent sur rien) quant au changement. Voici une petite liste d’attitudes (Ellis & McLaren, 2005) pouvant indéniablement nous amener à minimiser la possibilité de changer et à faire preuve d’une grande procrastination quant au changement. Lisez ces points attentivement et considérez ceux qui vous concernent afin de comprendre les raisons de votre stade pré-contemplatif quant au changement possible. Si vous souhaitez rester au stade de pré-contemplation, suivez scrupuleusement ces conseils :

  • Considérez que si vous évitez les problèmes et les situations désagréables, tout disparaitra.
  • Présumez que vous ne pourriez pas changer les choses (la vie est contrôlée de toute façon par les forces externes).
  •  Ne prenez surtout aucun risque, ni tentez aucune chance.
  •  Demandez l’approbation totale de quasiment tout ceux que vous connaissez, ainsi que de ceux que vous ne connaissez pas.
  •  Présumez que l’échec ou le rejet sont les choses les plus épouvantables qui puissent vous arriver, impossible à supporter.
  •  Exigez la compétence totale, à 100%, dans toutes vos actions (demandez la perfection de vous-même). Si vous n’arrivez pas, flagellez vous pour votre incompétence.
  •  Présumez que vous ne pourriez pas supporter l’inconfort car la vie devrait être facile et juste, au moins pour vous. Soyez agacé.e chaque fois que la vie n’est pas juste ou facile.
  •  Répétez sans cesse “Tout finira bien“ ou “Si seulement“ et ne prenez aucune action dans ce sens.
  •  N’investissez pas d’effort significatif dans vos problèmes.
  •  Trouvez une raison pour vous justifier et tout ce que vous faites, et refusez de changer.
  •  Présumez que si vous avez procrastiné et que vous avez échoué ou mal fait dans le passé, vous devriez continuer ainsi pour le reste de votre vie.
  •  Adoptez les “Mythes du changement“ (“Je suis trop vieux (vieille)“ ; “C’est trop difficile“ ; “Je ne peux pas changer“ ; “Les choses vont s’améliorer toutes seules“ ; “Je suis trop faible (stupide, sans motivation, etc.) pour changer“)

 

Quels impacts ?

Afin de bien identifier les conséquences de votre comportement-problème, appuyez-vous sur le schéma ci-dessous. Il référence les différents domaines de vie d’un individu. Prenez connaissance de ces différents domaines et indiquez par un trait sur chacun d’entre eux à quel degré votre comportement-problème les impacte de manière négative (plus le trait est positionné vers l’extérieur, plus les conséquences sont délétères). Observez, concluez.

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Prêt.e à passer au stade suivant ?

 

Ce que vous pouvez retenir :

– Réticent.e ? Rebel.le ? Résigné.e ? Rationnalisant.e ? Nous avons tous nos blocages quant au changement. Les identifier nous permet de les dépasser. Si votre entourage vous fait part d’un comportement à améliorer, prenez-le en compte pour changer.

– Ce comportement problème peut avoir des impacts négatifs non négligeable sur différents domaines de vie. Ne les fuyez pas, ne les niez pas, considérez les afin de reprendre le contrôle et amener une évolution dans votre vie.

– Faites une croix sur l’adoption des croyances irrationnelles quant au changement. Au cours des 10 dernières années, avez-vous déjà pu changer ? Pourquoi ne pourriez-vous pas changer au cours des 10 prochaines ?


Kevin Chassangre – Psychologue – psychothérapeute – Docteur en psychopathologies
le lundi 18 janv. 2021